Adrien Casalis signe la musique de la chronique de Karim Bensalah, SIX PIEDS SUR TERRE (au cinéma le 19 juin 2024), qui relate le parcours initiatique de Sofiane, fils d’un ancien diplomate algérien établi à Lyon pour ses études et menacé d’expulsion. Acceptant de travailler pour une entreprise de pompes funèbres musulmanes dans l’espoir de régulariser sa situation, il est amené à construire sa propre identité et à évoluer peu à peu vers l’âge adulte. La partition témoigne de la multiplicité de son identité.
Cinezik : Vous venez de la musique électronique avec votre projet “Vimala” ?
Adrien Casalis : Effectivement, mon projet de musique électronique “Vimala” me permet de sortir des EP, et je prépare un album depuis 2017. C’est grâce à une série que j’ai découvert la musique à l’image. Mon travail, qui mêle des ambiances cinématographiques à l’électronique, a séduit des réalisateurs. C’est ainsi que j’ai eu l’opportunité de composer la musique de “Six Pieds sur Terre”, mon premier long-métrage, même si entre temps j’ai eu un autre long-métrage, “La Tête Froide” de Stéphane Marchetti, sorti en janvier dernier.
Quel a été votre premier contact avec le film ?
Bandes-son
Adrien Casalis : Mon premier contact avec le film a été le scénario, que Karim m’a envoyé. J’ai été très touché par ce scénario, beaucoup plus long que le film final. Ensuite, grâce au dispositif “Emergence”, nous nous sommes concentrés sur une scène en particulier pour l’expérimenter.
Le personnage central est omniprésent dans le film. Avez-vous envisagé de souligner ses origines arabes à travers la musique ?
Adrien Casalis : Karim souhaitait une musique originale qui ne donne pas d’informations sur l’origine ou la culture du personnage. Si ces éléments devaient être présents, ce serait de manière inconsciente. Le travail musical consistait donc à exprimer l’intériorité du personnage plutôt que de simplement illustrer ou donner des indications.
La musique se concentre en effet sur l’intériorité du personnage, notamment dans une scène dans un bar lorsque la musique prend le relais des sons ambiants. Est-ce que cela était prévu dès le scénario ?
Adrien Casalis : Non, pas du tout. Karim m’a souvent surpris. Cette musique n’était pas prévue initialement, mais il avait besoin de cette émotion à ce moment-là. Il y a eu de nombreux allers-retours, avec des versions contenant plus ou moins de musique.
Le travail de composition pour un film se fait souvent par soustraction…
Adrien Casalis : C’est vrai. J’aime proposer beaucoup de matière au départ, car il est plus facile d’enlever ensuite et de voir ce qui fonctionne le mieux.
Pour vous guider, le réalisateur vous a-t-il donné des références musicales ou un langage musical spécifique ?
Adrien Casalis : Non, notre collaboration était assez atypique. Nous avons beaucoup parlé d’art contemporain, d’expositions, de livres… C’était très abstrait au début, mais cela m’a aidé à comprendre sa vision du film. Il n’y avait pas de langage musical précis, c’était à moi d’interpréter.
La musique suit le parcours initiatique du personnage, elle évolue, commençant par des notes discrètes pour atteindre un certain lyrisme. Avez-vous pris en compte cet arc narratif dès le début ?
Adrien Casalis : Oui, c’était l’idée. Il s’agissait de suivre le personnage en construction, et la musique se construit avec lui. Cela commence par un bruit de fond, une sorte de “noise
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